photo : Greenpeace

Le temps des fêtes approche et les vitrines des magasins regorgent de vêtements aux couleurs splendides… Mais vous êtes-vous déjà questionné sur la provenance de ces couleurs? Eh bien, la réponse n’est pas très jolie! Comme nous l’avons abordé dans un précédent article, l’industrie de la mode et ses textiles ont un impact majeur sur l’environnement. Rejets chimiques dans nos cours d’eau, intoxication des travailleurs et travailleuses: l’étape de la teinture n’y fait pas exception!

Comme Greenpeace le rappelle lors de sa campagne « Les dessous toxiques de la mode[1] », plusieurs produits chimiques sont utilisés tout au long de la chaîne de production, que ce soit pour laver, blanchir, teindre, ou transporter les textiles. Bien que ces impacts se fassent davantage sentir dans le pays de production, nous poursuivons cette chaîne de contamination lors de l’achat de ces textiles, ainsi qu’à leur fin de vie.

Rassurez-vous! On peut bien se vêtir tout en ayant un faible impact sur l’environnement et la santé de nos cocitoyens outre-mer. Lisez la suite pour des trucs et astuces…

La teinture

Il existe deux familles de colorants utilisés en teinture. Il s’agit des colorants naturels, provenant de matières minérales ou organiques, et la famille des colorants provenant de la synthèse chimique[2]. Les colorants de synthèse ont vu le jour au 19e siècle, mais c’est au moment de l’expansion des industries que les colorants de synthèse se sont popularisés pour leur efficacité et la variété de couleurs qu’ils peuvent créer. Ils ont aussi la capacité de donner une couleur au textile qui ne changera pas dans le temps, suite à l’exposition à divers facteurs (lavage, soleil, sueur, etc.)[3].

Les vilains de l’histoire

Les colorants de type azoïques sont les plus utilisés dans l’industrie, soit entre 60% et 70% des 800 000 tonnes de colorants produits mondialement par année — mais scandale! — ce sont aussi les produits les plus nocifs pour l’environnement[4]. Utilisé dans plusieurs industries, c’est dans celui du textile qu’il est le plus présent. Selon le gouvernement du Canada, la quantité à laquelle nous sommes exposés, au pays, demeure mineure et sécuritaire, que ce soit pour la santé humaine ou pour l’environnement[5].

Les impacts…

Sur l’environnement

Les colorants de synthèse utilisée lors de l’étape de teinture des textiles ont plusieurs impacts sur leur environnement. Dans les pays où la réglementation est faible, ils sont responsables de l’eutrophisation des cours d’eau par le phosphate et le nitrate libéré. Ce qui affecte la vie aquatique et la qualité des eaux potables. Ces produits sont aussi difficiles à traiter, car ils sont difficilement dégradables naturellement. L’impact dans les cours d’eau est immense! Ces produits sont alors vendus à l’internationale, même dans des pays, comme le Canada, où plusieurs de ces produits chimiques sont strictement règlementés dans la production de vêtements.

photo : Greenpeace

Sur la santé

Les plus impactés par ce fléau sont les humains qui travaillent dans ces industries. Plusieurs cancers de la vessie ont été diagnostiqués chez les travailleurs-euses de certaines industries, particulièrement ceux ayant manipulé des colorants azoïques[6].

Les alternatives :

Dans l’industrie

Si le contenu de cet article vous inquiète, sachez qu’il existe des certifications, comme Ecocert Textile[7]  ou OEKO-TEX standard 100[8], qui peuvent vous assurer, lors de l’achat de vêtements neufs, que les textiles utilisés n’ont pas subi des traitements chimiques nocifs.

À la maison

Vous avez aussi un impact à la maison! Le simple fait de réduire votre consommation de textile neuf (literie, décoration, vêtement, etc.) a déjà beaucoup d’influence. Privilégiez l’achat de seconde main ou la réparation des vêtements.  Il en a d’ailleurs été question dans un de nos articles antérieurs.

Faites gaffe, ce n’est pas seulement le procédé de teinture des tissus, dans l’industrie du textile qui affecte l’environnement. D’autres caractéristiques définitives apportées aux tissus utilisent des produits chimiques. En effet, il est conseillé d’éviter d’acheter neufs des vêtements qui se vantent d’être ininflammable, imperméable, antitranspirant ou autres particularités.

Atelier: initiation à la teinture végétale

La teinture, comme nous la connaissons aujourd’hui, n’a pas toujours été aussi nocive sur l’environnement. En effet, avez-vous déjà eu une tache de café, sauce tomate ou jus de betterave sur votre vêtement préféré? Effectivement, les aliments, les plantes et les fruits peuvent être utilisés en teinture. Ces teintures sont moins nocives pour l’environnement et votre peau.

Venez assister à notre atelier d’initiation à la teinture végétale le mercredi  12 décembre prochain. Vous apprendrez les rudiments de la teinture à base végétale et vous repartirez avec un sac en coton que vous aurez teint vous-même!

Pour plus de détails sur cet atelier ou pour en connaître davantage sur la programmation des ateliers des fêtes zéro déchet, visitez la page zéro déchet de notre site web.

 

[1] https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/02/Les-dessous-toxiques-de-la-mode_2012.pdf?_ga=2.125455050.1383819687.1513804380-1050697572.1513091186

[2] https://www.erudit.org/fr/revues/rseau/2011-v24-n3-rseau5004724/1006453ar/

[3] ibidem

[4] ibidem

[5] https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/substances-chimiques/fiches-renseignements/en-bref/colorants-basiques-azoiques.html

[6] https://www.erudit.org/fr/revues/rseau/2011-v24-n3-rseau5004724/1006453ar/

[7] http://www.ecocert.com/textiles-ecologiques-recycles/

[8] https://www.oeko-tex.com/fr/business/certifications_and_services/ots_100/ots_100_start.xhtml