Êtes-vous à la recherche de façons faciles et gratuites de faire votre part pour l’environnement? Souvent sous-estimées, la réduction et la réutilisation de nos biens ont un impact environnemental positif gigantesque!

Au fil des prochaines semaines, nous aborderons les 2 premiers R des 3RV (Réduire, Réutiliser, Recycler et Valoriser) en vous présentant des enjeux environnementaux de taille! Trucs et astuces seront de la partie pour que vous vous lanciez sans crainte dans votre virage vert. Retrouvez-nous sur notre site Web ainsi que sur Facebook avec le mot-clic  #ReduirePourMieuxVivre.

L’industrie de la mode rapide

Lors de votre dernière visite au centre d’achat, vous êtes-vous laissé tenter par un chandail à rabais que vous n’étiez pas sûr d’aimer? Une fois acheté, l’avez-vous relégué au fond de votre garde-robe avant de vous en départir quelques mois plus tard? Ce genre de pratique est de plus en plus courant et mène à une sous-utilisation des vêtements ainsi qu’à leur rejet expéditif! C’est ce qu’on appelle la mode rapide!

En effet, depuis les quinze dernières années, la production mondiale de vêtements a plus que doublé[1]. La demande suivant l’offre, non seulement la production de textile augmente pour subvenir au besoin de la classe moyenne grandissante, mais les gens sont davantage enclins à consommer de plus en plus. Les grandes multinationales telles que Zara, H&M, Adidas et Nike, pour nommer que les plus grandes, passent sous silence le parcours qu’ont dû traverser leurs vêtements lorsqu’elles y apposent leur étiquette de rabais. Lorsqu’on creuse un peu, on se rend souvent compte que plusieurs étapes de leur fabrication peuvent cacher des enjeux environnementaux qu’on ne soupçonnerait pas. Qu’il s’agisse des quantités énormes d’eau nécessaires à la culture du coton, de l’utilisation faramineuse de plusieurs produits chimiques, de l’émission de tonnes de gaz à effet de serre ou encore de la création de millions de kilos de déchets, l’industrie de la mode rapide a un impact environnemental dévastateur[2].

C’est pourquoi il est important de se questionner sur notre consommation de vêtements et de prendre en compte son impact écologique. Nous vous présentons ici les enjeux principaux de l’industrie de la mode rapide suivis d’alternatives et de solutions pour atténuer votre empreinte écologique.

Les impacts environnementaux

Accrocher sur un cintre, un t-shirt, ou toute autre pièce de vêtement peut sembler bien anodin. Cependant, lorsque l’on s’intéresse à son parcours, on se rend compte que chacune des étapes de sa vie est liée à des enjeux environnementaux de taille. Les relations qu’entretiennent les compagnies de la mode rapide avec les producteurs de coton ou encore avec les usines de blanchiment et de teinture des textiles sont souvent méconnues du grand public. Par ailleurs, les dépendances au milieu du transport des biens tout comme celui des sites d’enfouissement sont bien réelles et souvent,  elles aussi, ignorées.  Voici donc, un résumé des principaux impacts de l’industrie de la mode rapide sur l’environnement.

La consommation d’eau

Le coton étant l’une des matières principales utilisées pour la conception des vêtements, sa culture en grande quantité est donc nécessaire. Cependant, ce type de culture n’est pas des plus écologiques. En effet, la production du coton implique l’utilisation d’une très grande quantité d’eau. Par exemple, pour obtenir un kilogramme de fibres de coton, il faut entre 6000 et 27 000 litres d’eau uniquement pour l’irrigation des cultures, ce qui représente 2500 litres d’eau pour un seul t-shirt. [3]

Par ailleurs, une importante quantité d’eau est aussi utilisée lors du traitement des tissus. C’est de cette façon qu’en Chine, en 2010, 2,5 milliards de tonnes d’eaux usées ont été produites par l’industrie du textile. Dans son ensemble, l’industrie de la mode consomme chaque année près de 79 milliards de mètres cubes d’eau, soit presque la quantité de liquide nécessaire pour remplir 32 millions de piscines olympiques[4]. On peut le dire, il s’agit d’une industrie qui a soif!

L’utilisation de produits chimiques

La fabrication des vêtements est un procédé qui requiert une grande quantité de produits chimiques. Tout d’abord, la culture du coton utilise 16% des pesticides et 7% des herbicides épandus globalement, et ce, pour une culture qui ne représente que 3% de la superficie des cultures mondiales[5]. Cette utilisation grandiose de pesticides contribue, par l’écoulement, à la pollution des cours d’eau avoisinant les champs de coton.

Source: http://www.paixetdeveloppement.com/eveils.php?num=12

Les usines de teintures et de blanchiment des vêtements utilisent aussi également beaucoup de produits chimiques.  En effet, différents métaux lourds et produits tels que le chlore, l’ammoniaque, la soude et l’acide sulfurique sont utilisés. Dû à un manque de réglementations ils sont souvent, rejetés dans les cours d’eau, intoxiquant ainsi les habitants et l’écosystème adjacents[6].

Source : https://america.cgtn.com/2015/03/09/9-charts-that-show-the-level-of-pollution-in-china

Les matériaux artificiels utilisés dans la conception des vêtements, comme le polyester, jouent aussi un rôle dans la contamination de l’environnement. En effet, lorsqu’on lave un vêtement contenant du polyester, de minuscules particules de plastiques s’en échappent, polluant ainsi l’eau dans laquelle elles sont rejetées. De cette façon, un demi-million de tonnes de microfibres de plastiques se retrouvent dans la nature, ce qui est plus néfaste encore que les microbilles contenues dans les cosmétiques[7].

L’émission de gaz à effet de serre

La mode rapide est la source d’une quantité énorme d’émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est ainsi que la production du textile, en 2015, était responsable du rejet de 1,2 milliard de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Il s’agit d’une quantité d’émission de GES plus importante que celle émise par tous les vols internationaux et maritimes combinés[8]. Comme si ce n’était pas assez, le transport des produits finis à travers du globe occasionne, lui aussi, une grande diffusion de dioxyde de carbone.

La création de déchets

La mode rapide occasionne une quantité de déchets.  Les statistiques les plus choquantes que l’on trouve sur l’industrie de la mode rapide sont sûrement celles concernant la sous-utilisation des produits achetés avant de s’en départir. Elles indiquent que chaque québécois-e jette, en moyenne, 24 kilogrammes de vêtement, par année[9].  Le faible prix auquel les vêtements sont vendus ainsi que le renouvèlement constant des collections encouragent les consommateurs à remplacer fréquemment leurs vieux habits par de nouveaux morceaux.

D’autant plus que moins de 1% du matériel utilisé dans la conception des habits est recyclé pour en fabriquer de nouveaux. Ce phénomène représente une perte de 100 milliards de dollars américains de matériel chaque année[10]. En sachant que les infrastructures mises en place pour recycler les textiles ne sont pas les plus efficaces, la majorité des vêtements jetés sont enfouis ou incinérés[11].

Les alternatives

Plusieurs alternatives sont à notre disposition afin de minimiser les conséquences néfastes de nos achats vestimentaires sur l’environnement et ainsi s’éloigner de la mode rapide. En voici une liste non exhaustive :

 1. Magasiner dans les friperies ou participer à des échanges de vêtements

Acheter ou échanger des vêtements usagés, que ce soit en friperie, en comptoir familial ou d’un particulier n’occasionne pas de nouvelle production de textile. De plus, le réemploi de ces vêtements diminue la quantité de déchets que l’on envoie aux sites d’enfouissement. Par ailleurs, certaines friperies, comme la chaîne de magasins Renaissance, ont comme mission la réinsertion sociale. Et le plus merveilleux, c’est qu’acheter dans les friperies et participer à des échanges vous permet d’économiser de grandes sommes d’argent tout en faisant votre part pour l’environnement! En plus, le vintage est à la mode : une pierre, deux coups 😉

– https://www.facebook.com/Troc-tes-Trucs-21232112486/

– http://www.trocvestiaire.com/

Source: http://www.nightlife.ca/ou-aller/eva-b-0

2. Favorisez des vêtements ou des accessoires produits localement, équitables et issus de cultures biologiques pour diminuer votre empreinte écologique.

  • Différentes marques se lancent dans ce nouveau marché plus vert. Les boutiques comme La Gaillarde , Folle Guénille , ou encore certains designers tels que Melow design , Philippe Dubuc ou encore Slak sont des entreprises chez lesquelles vous pouvez magasiner en toute quiétude pour ce qui touche l’environnement. En plus de favoriser le maintien du bien-être environnemental, ces alternatives contribuent à encourager l’économie locale.
  • Kamik produit la majorité de ses bottes en Amérique du Nord et recycle les bottes en caoutchouc pour les réutiliser dans ses produits.
  • Trouvez ici une liste de producteurs locaux

 3. Appliquez le premier R des 3RV : Minimalisez votre vie ! 

La réduction de la quantité d’habits de votre garde-robe entre directement en lien avec le principe des 3 RV. Afin de vous motiver ou de vous inspirer, la tendance du Minimalisme peut être une alternative intéressante. Vous pouvez vous inspirer de ce couple d’anciens grands consommateurs qui ont changé leur mode de vie pour intégrer les principes du minimalisme. Ils nous disent : « le minimalisme, c’est d’axer ta vie sur des expériences, de te défaire des liens avec les biens matériels, de vivre des choses qui te font grandir en tant que personne ». Cela pique votre curiosité? Voici leur site internet et leurs réseaux sociaux :

Informez-vous davantage! Le documentaire The True Cost expose bien les enjeux créés par le milieu de la mode rapide.←

Peu importe les solutions adoptées, il est important de se questionner sur la quantité de vêtements que nous achetons.  Ainsi, opter pour une réduction de sa garde-robe vous permet de gagner en espace et en argent en plus de contribuer à la diminution des impacts environnementaux de l’industrie de la mode rapide.

Suivez la campagne #RéduirePourMieuxVivre et partagez avec votre entourage les inconvénients de l’industrie de la mode rapide.

Bibliographie 

[1] https://www.ellenmacarthurfoundation.org/assets/downloads/publications/A-New-Textiles-Economy_Full-Report.pdf

[2] http://globalfashionagenda.com/wp-content/uploads/2017/05/Pulse-of-the-Fashion-Industry_2017.pdf

[3] http://equiterre.org/solution/les-impacts-de-votre-consommation

[4] http://globalfashionagenda.com/wp-content/uploads/2017/05/Pulse-of-the-Fashion-Industry_2017.pdf

[5] Id.

[6] https://storage.googleapis.com/p4-production-content/international/wp-content/uploads/2011/07/3da806cc-dirty-laundry-report.pdf

[7] https://tpefibrestextiles.wordpress.com/linconvenient-environnemental/

[8] https://www.ellenmacarthurfoundation.org/assets/downloads/publications/A-New-Textiles-Economy_Full-Report.pdf

[9] http://nouvelles.umontreal.ca/article/2016/10/26/les-quebecois-jettent-24-kg-de-vetements-par-an/

[10] https://www.ellenmacarthurfoundation.org/assets/downloads/publications/A-New-Textiles-Economy_Full-Report.pdf

[11] http://globalfashionagenda.com/wp-content/uploads/2017/05/Pulse-of-the-Fashion-Industry_2017.pdf