As-tu ta pomme de douche?


Les 25 juillet et 8 août dernier se tenait un évènement où les résidents-es d’Hochelaga-Maisonneuve étaient invités-es à  échanger leur vieille pomme de douche pour une nouvelle aux propriétés plus écoresponsables. C’est grâce au partenariat de la Ville de Montréal, du Regroupement des éco-quartiers (REQ) ainsi que d’Hydro-Québec que la campagne As-tu ta pomme de douche? a vu le jour. En 2019, cette initiative a été mise sur pied avec un projet pilote dans Mercier-Est afin de permettre à la population d’avoir accès gratuitement à une pomme de douche qui promet une économie d’eau et d’énergie. Grâce aux dispositifs homologués Watersense©, de l’entreprise Solutions Ecofitt, un ménage de deux personnes peut économiser jusqu’à 20 000 litres d’eau et près de 60 $ d’électricité annuellement. Lors de cet évènement, c’est par centaines que des citoyens-nes motivés-es par ce projet ce sont présentés-ées au kiosque d’échange tenu par l’Éco-quartier Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM). Durant ces deux journées, les « merci pour cette belle initiative! » fusaient, les résidents-es du H1W et du H1V repartaient en brandissant leur nouveau pommeau de douche, le sourire aux lèvres, et fiers-es d’avoir fait un geste concret pour la planète.

« Ce genre de collecte c’est une bonne idée parce que ce n’est pas nécessairement tout le monde qui va penser à changer son pommeau de douche pour économiser de l’eau et de l’électricité. » précise Émile, citoyen d’Hochelaga-Maisonneuve.

Au total, c’est plus de 400 pommes de douche à faible débit qui ont été troquées. Si on fait le calcul, plus de 4 000 000 de litres d’eau seront désormais épargnés chaque année. De plus, le système de Solutions Ecofitt n’implique aucune aération du jet d’eau, ce qui minimise la perte de chaleur et économise l’énergie.

L’eau, une ressource infinie?


On peut croire à tort que l’eau est une ressource naturelle illimitée, mais la gestion discutable que nous en faisons fait d’elle un bien fragile et précieux. Bien que sa quantité reste la même sur la planète, grâce à son cycle perpétuel, on ne peut en ignorer la précarité. Certes, l’eau abonde sur la planète bleue, mais la quantité allouable à l’eau douce est infime, laissant une proportion astronomique à l’eau salée et/ou inaccessible. La répartition de l’or bleu est injustement distribuée entraînant du stress hydrique dans de nombreuses régions de la planète. « Moi je viens du Chili où il y a la sécheresse. Je pense que c’est important d’y faire attention et de se responsabiliser par rapport à ça. » rappelle une citoyenne lors de l’évènement. En effet, l’Amérique du Nord jouit d’une grande accessibilité à l’eau, mais ne peut toutefois pas se considérer à l’abri des conséquences de la mauvaise gestion de ce bien vital. Nos conduits étant généralement obsolètes provoquent de grandes pertes dans le sol et cette eau met beaucoup de temps avant d’être à nouveau accessible. Additionnée à des pluies diluviennes, notre consommation parfois démesurée peut surcharger les bassins des usines de traitement et entraîner des déversements dans le fleuve Saint-Laurent, avant même d’avoir pu être épurée. Par ailleurs, le traitement des eaux usées implique des sommes faramineuses : un coût que l’on débourse tous, collectivement. Or, ce ne sont que quelques exemples qui justifient l’importance d’assurer la pérennité de l’eau potable.

De petits gestes qui font la différence


Grâce à des initiatives comme As-tu ta pomme de douche?, plusieurs citoyens-nes se sont mobilisés afin d’entreprendre un geste concret en vue d’utiliser l’eau et l’énergie de façon plus consciencieuse. Cette sensibilisation et mobilisation citoyenne est d’ailleurs l’un des mandats de la Patrouille Verte du REQ. Ils sont nombreux à parcourir les rues des différents arrondissements afin d’aborder avec les résidents-tes des sujets environnementaux tels que la gestion de l’eau et de l’énergie. Leurs précieux conseils permettent d’ouvrir les yeux sur certaines pratiques simples et accessibles qui font la différence. Parmi les astuces que l’on peut mettre en application à la maison, on conseille de bien orienter la sortie d’eau de nos gouttières vers un sol perméable afin qu’elle soit récupérée plus facilement par les égouts. D’ailleurs, pour les jardiniers, l’installation d’un simple baril de récupération d’eau de pluie pourrait être profitable afin d’approvisionner les végétaux de leur platebande.  À ce sujet, pour un arrosage optimal, nous devrions privilégier la fin de la journée plutôt que le matin, car une grande partie de l’eau s’évapore au cours de la journée, privant les végétaux d’une partie de leur ration, tout en gaspillant eau et temps. En ce qui a trait à l’économie d’énergie et d’argent, on conseille de débrancher les appareils électroniques lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Prendre des douches moins longues est un autre exemple d’économie d’énergie, le chauffe-eau étant énergivore. Aussi, le simple fait de troquer ses vieilles ampoules pour des DEL peut aussi engendrer une économie significative d’électricité. Ces petits gestes simples ne sont que quelques exemples. Nombreuses astuces peuvent être employées afin de faire une différence en ayant une approche soucieuse de l’environnement. Les citoyens-nes présents-es lors de l’échange de pommes de douche se sont d’ailleurs exprimés à ce sujet. « Chez moi pour économiser de l’électricité, j’ai installé des minuteurs sur certains de mes appareils ou des prises avec interrupteurs. Par exemple, ma machine à laver et ma sécheuse s’éteignent la nuit, car ils n’ont pas besoin de consommer de l’électricité à ce moment-là. » partage Jonathan. « Lorsque je fais la vaisselle, je ne laisse pas l’eau couler inutilement. J’arrose également mes légumes avec de l’eau de pluie. » ajoute fièrement Daria.

Le simple fait de changer de pomme de douche paraît peut-être anodin, mais cela fait une différence. Rappelons que pour une personne seule, c’est 10 000 litres d’eau économisés chaque année. Collectivement, lorsqu’on s’investit dans un projet commun, on entraîne des retomber positives et très significatives. En effet, des millions de litres d’eau seront épargnés cette année suite à ces deux journées d’échange. Pour les personnes qui n’ont pas pu se présenter à cet évènement, ce projet se poursuit dans le point de service de l’éco-quartier situé au 1875, avenue Morgan – 2e étage.

Ensemble, prenons soin de la belle richesse qu’est l’eau, une goutte à la fois.

« Pour moi, l’eau c’est une richesse, ce n’est pas gratuit, c’est pourquoi il faut faire des gestes. Économiser de l’eau c’est un investissement. »

– Julie, citoyenne d’Hochelaga-Maisonneuve

C’est par centaines que des citoyens-nes motivés-es par ce projet ce sont présentés-ées au kiosque d’échange tenu par l’Éco-quartier Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

 

Rédactrice : Annie-Claude Boily