D’après l’Office québécois de la langue française, le Black Friday, aussi appelé Vendredi fou, est la « journée du vendredi qui suit le quatrième jeudi de novembre, date du Thanksgiving aux États-Unis, au cours de laquelle les commerçants offrent des rabais importants pour marquer le coup d’envoi des achats de Noël ».

Les origines…

Le terme « Black Friday » désigne à l’origine la forte affluence sur les routes le vendredi soir…

Dans le temps, le terme Vendredi noir avait une consonance plus économique, désignant l’époque de l’année où les commerçants faisaient des profits, « sortaient du rouge » (de l’anglais « back to black ») et devenaient rentables avec un chiffre d’affaires positif.

Aujourd’hui le Black Friday est devenue LA journée qui marque le début des achats de Noël et surtout l’occasion pour les commerçants de proposer des rabais d’apparence alléchante pour attirer un maximum de consommateurs. Chaque année, à cette occasion, les foules affluent en masse dans les magasins.

Au Canada, le concept de « Vendredi fou » gagne rapidement du terrain. L’événement s’étend aujourd’hui à toute la fin de semaine et jusqu’au « Cyberlundi ».

En 2019, le Vendredi fou aura lieu le vendredi 29 novembre.

Vendredi fou VS consommation responsable

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Bien entendu, dans le contexte environnemental actuel, on est en droit de se demander si une telle journée, favorable à la consommation de masse, n’est pas contradictoire.

Nous le savons, les pays occidentaux (notamment les États-Unis, mais aussi en Europe et au Canada) connaissent, depuis l’ère moderne, une augmentation importante et rapide du taux de consommation.

À l’heure où l’on peut tout avoir, tout de suite, nous sommes tentés d’acheter au-delà de nos besoins réels.

Gardons en tête que derrière chaque achat se cachent l’extraction toujours plus grande de ressources naturelles peu ou pas renouvelables, la consommation et la production d’énergie pas toujours « verte », le transport polluant sur des milliers de kilomètres et la production d’une quantité impressionnante de déchets au quotidien.

Il semblerait qu’à la vue alléchante de rabais « exceptionnels », nous mettions de côté notre conscience écologique! Ces rabais sont-ils véritablement plus intéressants à ce moment-là de l’année? Qu’est ce qui nous pousse à nous ruer dans les magasins et les sites de ventes en ligne ce jour-là? Qu’est ce qui nous influence, vraiment? Ces produits sont-ils de qualité? Vont-ils durer dans le temps ou sont-ils programmés pour être jetés avant l’année suivante?

Pour lutter contre la frénésie du « tout jetable » et du tout « tout d’suite », le groupe Adbusters de Vancouver a créé, il y a 20 ans, la « Journée mondiale sans achat », qui a lieu le même jour que le Vendredi fou.

C’est une journée de boycott, mais aussi de réflexion. C’est l’occasion de méditer réellement sur ce que signifie la société de consommation et de faire des choix éclairés. C’est l’occasion aussi d’apprendre à consommer autrement, à réparer ou à fabriquer plutôt que d’acheter neuf, etc.
Cette journée permet de penser l’être humain comme autre chose qu’un simple consommateur et de prendre conscience que le rythme de consommation adopté dans les pays industrialisés n’est pas viable pour l’avenir de notre planète. En somme, c’est une journée pour reconnecter avec nos besoins réels et notre essence.

J’ai besoin d’un produit particulier et le vendredi fou, c’est l’occasion idéale pour l’obtenir à vraiment bon prix…

Attention, personne ne dit que vous n’avez pas le droit d’acheter! Ce qui est suggéré, c’est de réfléchir consciemment à nos actions et de se poser les bonnes questions :

  • Ai-je vraiment besoin de ce produit?
  • Pourrais-je m’en passer?
  • Puis-je le trouver d’occasion ou même me le faire donner?
  • Le prix est-il réellement plus intéressant aujourd’hui plutôt qu’un autre jour?
  • Ce produit va-t-il durer dans le temps?
  • Est-il fabriqué de manière éthique et responsable?
  • Puis-je aller le chercher plutôt que me le faire livrer?

Faire de meilleurs choix, ça se planifie! Il faut considérer nos besoins réels et les distinguer honnêtement de nos envies. Il faut aussi envisager toutes les possibilités : parfois, on peut emprunter ou dénicher des trésors usagés.

Dépenser mieux et faire de meilleurs choix, ce n’est pas seulement bon pour nous et notre porte-monnaie, mais aussi (et surtout), pour la planète!

 …Et vous, que faites-vous le vendredi 29?