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Les bougies, le jeu en vaut-il la chandelle?

Que ce soit pour offrir une belle bougie en guise de cadeau de Noël ou pour créer une ambiance chaleureuse pour les fêtes, nous avons tendance à recourir à des bougies durant l’hiver. Pourtant, les bougies sont à utiliser avec précaution. Explications…

Dépendamment de sa composition, lorsqu’une bougie se consume, elle crée des émanations toxiques comme des particules, du benzène ou du formaldéhyde, aussi appelés « composés organiques volants » (COV) pouvant être à l’origine de problèmes respiratoires et autres problèmes de santé[1]. Il est quand même possible de créer une belle ambiance en choisissant une bougie moins nocive et en adoptant certaines bonnes habitudes. Décomposons ensemble les ingrédients d’une bougie pour y voir un peu plus clair…

Bougie, de quoi es-tu faite?

Pour fabriquer une bougie, on a besoin de 3 ingrédients principaux.

Le premier ingrédient constitue la base de la bougie : la cire. Les bougies peuvent être de 3 types de cire : la cire d’abeille, la paraffine et les cires végétales comme la cire de soja ou de palme. La cire d’abeille et les cires végétales sont naturelles. La paraffine, elle est un dérivé du pétrole extrait par un procédé de raffinage. Elle n’est donc pas naturelle, mais constitue une bonne part de l’offre des bougies en magasin et représente les bougies à moindre coût. En effet, la paraffine est bien moins dispendieuse que les cires végétales. Il se peut aussi que la cire naturelle soit mélangée à de la paraffine pour des raisons économiques. Il convient donc de bien regarder les étiquettes quand on a la chance que les ingrédients soient inscrits. En effet, les fabricants se gardent bien souvent d’inscrire les ingrédients de leur bougie sur les étiquettes.

En plus de l’ingrédient de base, la cire, les fabricants peuvent ajouter des colorants, des additifs ayant différentes utilisations comme fixer les parfums ou encore solidifier la bougie. Mais ces produits ne sont pas naturels non plus. Les parfums de synthèse, additifs ajoutés pour parfumer les bougies constituent un allergène puissant[2] et sont très présents dans les bougies parfumées. Pour la bougie en cire d’abeille, la cire est naturellement odorante. Il n’y a donc généralement pas d’additif odorant. Quant aux bougies 100% naturelles, les parfums doivent provenir d’huiles essentielles.

La mèche constitue le troisième composant de la bougie. La mèche peut être une mèche naturelle ou peut avoir été traitée et contenir des produits nocifs.

Il faut bien sûr prendre en compte que la bougie naturelle est plus dispendieuse que la bougie à base de paraffine puisque les ingrédients de base sont plus dispendieux, mais de qualité.  Utiliser une bougie 100% naturelle constitue un achat écoresponsable puisqu’elle est constituée d’ingrédients renouvelables qui ne sont pas néfastes pour l’environnement à l’inverse des bougies composées de paraffine, dérivé du pétrole constituant une ressource fossile limitée.

Les alternatives et les conseils

Prendre soin de son air intérieur est important, car à y regarder de plus près, on passe la plupart de son temps à l’intérieur. Or, l’air intérieur est souvent plus pollué que l’air extérieur[3].

Il est donc peu recommandé d’utiliser des bougies odorantes pour camoufler une odeur désagréable. Ouvrir la fenêtre quelques minutes constitue une meilleure option pour renouveler l’air que d’allumer une bougie, car brûler une bougie dans un espace clos implique de respirer de la fumée.

Si vous désirez profiter de la lumière douce d’une bougie, il convient d’utiliser des bougies avec parcimonie. Il est préférable d’utiliser les bougies pour l’extérieur ou d’utiliser uniquement des bougies 100% naturelles en laissant une fenêtre ouverte pour laisser l’air circuler. Enfin, il n’est pas recommandé d’allumer plusieurs bougies dans une même pièce.

Pour être sûr de la composition de ses bougies, confectionner ses propres bougies représente une bonne alternative. L’éco-quartier offre une série d’ateliers de confection de cadeau écologique pour Noël dans le cadre de sa campagne Zéro Déchet. Rien de tel que d’adopter une démarche zéro déchet pour la période de Noël, une période riche en gaspillage et en surconsommation…

Nous proposons un atelier de confection de chandelle artisanale faite de cire de soja dans un contenant de céramique valorisée pour offrir un cadeau écoresponsable fait avec amour. En plus de passer un moment en bonne compagnie, vous repartirez avec la chandelle et l’expérience pour en confectionner de nouveau. Cet atelier aura lieu le 15 décembre 2018 de 10h à 12h. Le coût de cet atelier est de 16$.

Ne manquez pas l’occasion d’apprendre à faire des cadeaux artisanaux, faciles et écologiques!

Pour vous inscrire ou pour de plus amples informations, c’est par ici !

[1] http://www.66millionsdimpatients.org/les-bougies-dinterieur-sont-elles-toxiques/#, https://www.ecohabitation.com/guides/1063/parfums-dambiance-bougies-parfumees-eliminateurs-dodeurs-cachez-ces-produits-que-je-ne-saurais-sentir/

[2] https://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/enquetes/detail_les-bougies-parfumees-sont-elles-nocives-pour-notre-sante?id=9242807

[3] https://www.ecohabitation.com/guides/1063/parfums-dambiance-bougies-parfumees-eliminateurs-dodeurs-cachez-ces-produits-que-je-ne-saurais-sentir/

 

Des cosmétiques pour prendre soin de soi pour vrai

La racine du terme « cosmétique » vient du mot grec Kosmeo qui veut dire « orner ». Aujourd’hui, le terme cosmétique fait plutôt référence à toute substance qui est destinée à nettoyer, parfumer, protéger ou embellir les parties externes de notre corps. Ces produits peuvent se trouver en magasin ou être fabriqués à la maison. En revanche, parmi la multitude de produits cosmétiques sur le marché, il est parfois difficile de choisir lequel acheter. Le prix et la marque peuvent nous influencer, mais regardons ensemble d’autres critères pertinents pour faire des choix éclairés :

  1. Est-ce que le produit contient des perturbateurs endocriniens?

Un perturbateur endocrinien est une substance chimique naturelle ou artificielle interférant avec la production, la sécrétion, le transport ou le métabolisme des hormones (messagers du corps) d’une personne, affectant alors son bon fonctionnement ou celui de sa progéniture (Multigner, 2007). Même si l’application des cosmétiques est externe, la peau reste le plus grand organe du corps et peut absorber plusieurs composés. Il est donc préférable d’éviter les substances suivantes :

– Le BHA dans les crèmes hydratantes;

– Les parabènes dans le maquillage et les déodorants;

– Les alkylphénols utilisés comme émulsifiants dans plusieurs cosmétiques;

– Les phtalates dans les parfums.

  1. Est-ce que l’utilisation du cosmétique est nocive pour l’environnement?

Les fabricants industriels de cosmétiques n’utilisent pas nécessairement les produits les moins polluants. L’impact néfaste sur l’environnement peut se faire lors de l’étape de production, comme c’est le cas pour les émulsifiants de synthèse (polypropylène, crosspolymer) qui « sont obtenus à partir de procédés chimiques lourds nécessitant l’usage de gaz toxiques pour la planète » (Fleurance Nature, 2018)[1]. Les huiles minérales sont également à éviter puisqu’elles sont issues de la distillation de combustibles fossiles (idem). L’impact néfaste pour l’environnement peut également se faire sentir lorsque le produit est rejeté dans les égouts ou amené au dépotoir, comme c’est le cas pour les micros billes de plastiques trouvées dans les dentifrices et les exfoliants. Puisque ces micros billes ne se dégradent pas, elles entrent dans la chaîne alimentaire et perturbent l’équilibre des organismes vivants (Auta et al. 2017). [2]

Plusieurs alternatives existent pour ces produits, comme le dentifrice naturel ou la confection d’exfoliants à base de sucre ou de marc à café.  Le site suivant donne des recettes simples et efficace!

  1. Le produit est-il suremballé?

La gestion des matières résiduelles est une thématique environnementale importante et les choix de consommateurs avertis peuvent influencer une entreprise à changer la mise en marché de ses produits. Si les cosmétiques suremballés restent sur les étagères des magasins, les entreprises devront revoir leur emballage et l’adapter à la demande.

  1. Est-ce possible d’avoir le même produit de façon locale?

Acheter local, c’est bon pour réduire les gaz à effets de serre reliés au transport et ça encourage l’économie locale!

  1. Est-ce que mon produit est équitable?

Il est important de se demander qui a travaillé à la confection de ce cosmétique et dans quelles conditions ? Il est également intéressant de vérifier si le produit a été testé sur des animaux. D’un point de vue éthique, ces deux composantes sont incontournables.

Bref, lorsqu’on parle de développement durable, il faut tenir compte de trois aspects primordiaux sur le long terme : l’aspect social, celui économique et celui environnemental. En suivant cette liste, vous pourrez faire une sélection des cosmétiques qui encouragent ces trois composantes du développement durable!

Si vous souhaitez connaitre en détail ce que chaque certification ou logo veut dire, voici un ouvrage pour vous aider!

Si vous trouvez que la facture monte vite lorsqu’on fait attention aux produits cosmétiques à acheter, ou si vous avez envie de savoir exactement ce qu’il y a dans vos produits, nous vous invitons à essayer des recettes de fabrication de cosmétiques faits maison. D’ailleurs, le 8 décembre prochain, l’éco-quartier animera un atelier de confection de baume à lèvres fait avec des produits écologiques. Visitez notre page zéro déchet pour plus de détails.

Venez cultiver le plaisir d’apprendre et de créer dans une ambiance des fêtes!

[1] https://m.fleurancenature.fr/blog/cosmetique-conventionnelle-environnement

[2] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S016041201631011X

Les dessous de la coloration de nos vêtements

photo : Greenpeace

Le temps des fêtes approche et les vitrines des magasins regorgent de vêtements aux couleurs splendides… Mais vous êtes-vous déjà questionné sur la provenance de ces couleurs? Eh bien, la réponse n’est pas très jolie! Comme nous l’avons abordé dans un précédent article, l’industrie de la mode et ses textiles ont un impact majeur sur l’environnement. Rejets chimiques dans nos cours d’eau, intoxication des travailleurs et travailleuses: l’étape de la teinture n’y fait pas exception!

Comme Greenpeace le rappelle lors de sa campagne « Les dessous toxiques de la mode[1] », plusieurs produits chimiques sont utilisés tout au long de la chaîne de production, que ce soit pour laver, blanchir, teindre, ou transporter les textiles. Bien que ces impacts se fassent davantage sentir dans le pays de production, nous poursuivons cette chaîne de contamination lors de l’achat de ces textiles, ainsi qu’à leur fin de vie.

Rassurez-vous! On peut bien se vêtir tout en ayant un faible impact sur l’environnement et la santé de nos cocitoyens outre-mer. Lisez la suite pour des trucs et astuces…

La teinture

Il existe deux familles de colorants utilisés en teinture. Il s’agit des colorants naturels, provenant de matières minérales ou organiques, et la famille des colorants provenant de la synthèse chimique[2]. Les colorants de synthèse ont vu le jour au 19e siècle, mais c’est au moment de l’expansion des industries que les colorants de synthèse se sont popularisés pour leur efficacité et la variété de couleurs qu’ils peuvent créer. Ils ont aussi la capacité de donner une couleur au textile qui ne changera pas dans le temps, suite à l’exposition à divers facteurs (lavage, soleil, sueur, etc.)[3].

Les vilains de l’histoire

Les colorants de type azoïques sont les plus utilisés dans l’industrie, soit entre 60% et 70% des 800 000 tonnes de colorants produits mondialement par année — mais scandale! — ce sont aussi les produits les plus nocifs pour l’environnement[4]. Utilisé dans plusieurs industries, c’est dans celui du textile qu’il est le plus présent. Selon le gouvernement du Canada, la quantité à laquelle nous sommes exposés, au pays, demeure mineure et sécuritaire, que ce soit pour la santé humaine ou pour l’environnement[5].

Les impacts…

Sur l’environnement

Les colorants de synthèse utilisée lors de l’étape de teinture des textiles ont plusieurs impacts sur leur environnement. Dans les pays où la réglementation est faible, ils sont responsables de l’eutrophisation des cours d’eau par le phosphate et le nitrate libéré. Ce qui affecte la vie aquatique et la qualité des eaux potables. Ces produits sont aussi difficiles à traiter, car ils sont difficilement dégradables naturellement. L’impact dans les cours d’eau est immense! Ces produits sont alors vendus à l’internationale, même dans des pays, comme le Canada, où plusieurs de ces produits chimiques sont strictement règlementés dans la production de vêtements.

photo : Greenpeace

Sur la santé

Les plus impactés par ce fléau sont les humains qui travaillent dans ces industries. Plusieurs cancers de la vessie ont été diagnostiqués chez les travailleurs-euses de certaines industries, particulièrement ceux ayant manipulé des colorants azoïques[6].

Les alternatives :

Dans l’industrie

Si le contenu de cet article vous inquiète, sachez qu’il existe des certifications, comme Ecocert Textile[7]  ou OEKO-TEX standard 100[8], qui peuvent vous assurer, lors de l’achat de vêtements neufs, que les textiles utilisés n’ont pas subi des traitements chimiques nocifs.

À la maison

Vous avez aussi un impact à la maison! Le simple fait de réduire votre consommation de textile neuf (literie, décoration, vêtement, etc.) a déjà beaucoup d’influence. Privilégiez l’achat de seconde main ou la réparation des vêtements.  Il en a d’ailleurs été question dans un de nos articles antérieurs.

Faites gaffe, ce n’est pas seulement le procédé de teinture des tissus, dans l’industrie du textile qui affecte l’environnement. D’autres caractéristiques définitives apportées aux tissus utilisent des produits chimiques. En effet, il est conseillé d’éviter d’acheter neufs des vêtements qui se vantent d’être ininflammable, imperméable, antitranspirant ou autres particularités.

Atelier: initiation à la teinture végétale

La teinture, comme nous la connaissons aujourd’hui, n’a pas toujours été aussi nocive sur l’environnement. En effet, avez-vous déjà eu une tache de café, sauce tomate ou jus de betterave sur votre vêtement préféré? Effectivement, les aliments, les plantes et les fruits peuvent être utilisés en teinture. Ces teintures sont moins nocives pour l’environnement et votre peau.

Venez assister à notre atelier d’initiation à la teinture végétale le mercredi  12 décembre prochain. Vous apprendrez les rudiments de la teinture à base végétale et vous repartirez avec un sac en coton que vous aurez teint vous-même!

Pour plus de détails sur cet atelier ou pour en connaître davantage sur la programmation des ateliers des fêtes zéro déchet, visitez la page zéro déchet de notre site web.

 

[1] https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/02/Les-dessous-toxiques-de-la-mode_2012.pdf?_ga=2.125455050.1383819687.1513804380-1050697572.1513091186

[2] https://www.erudit.org/fr/revues/rseau/2011-v24-n3-rseau5004724/1006453ar/

[3] ibidem

[4] ibidem

[5] https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/substances-chimiques/fiches-renseignements/en-bref/colorants-basiques-azoiques.html

[6] https://www.erudit.org/fr/revues/rseau/2011-v24-n3-rseau5004724/1006453ar/

[7] http://www.ecocert.com/textiles-ecologiques-recycles/

[8] https://www.oeko-tex.com/fr/business/certifications_and_services/ots_100/ots_100_start.xhtml