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Le cycle de vie des objets

Tout objet, tout produit, connaît un début et une fin de vie…

Le cycle de vie des objets représente toutes les étapes qu’un produit ou un objet va connaître, de sa création à sa fin de vie. De nos jours, le cycle de vie le plus communément observé est un cycle linéaire et fini (par opposition à un cycle circulaire).

À l’origine de ce cycle de vie linéaire, il y a l’extraction d’une ou de plusieurs ressources naturelles. L’humain les extrait puis les achemine dans des usines de transformation, où elles deviennent des objets ou des produits consommables. Ceux-ci prennent ensuite la route vers des lieux de distribution et finalement vers des points d’achat, où nous pouvons les acquérir. Une fois utilisés ou consommés, les produits sont généralement jetés, puis collectés et enfin enfouis.

Extraction des ressources naturelles

De manière générale, une ressource naturelle est une substance, un organisme ou une matière présente dans la nature. L’humain l’extrait dans le but de la transformer puis de l’utiliser, soit comme énergie, soit comme matériau de fabrication, soit comme aliment.

Classification des ressources naturelles [1] :

L’extraction des matières premières et leur transformation en produits finis engendrent de nombreux impacts environnementaux. Elles accroissent la pression sur les réserves de ressources naturelles (surtout sur celles qui ne sont pas renouvelables, comme le pétrole), altèrent les écosystèmes et les habitats naturels et contaminent, à divers degrés, l’eau, l’air et le sol [2]. Le transport des matières premières vers les lieux de transformation et de production et le transport des produits vers les lieux de consommation ont également un gros impact environnemental. L’énergie nécessaire et les méthodes de travail utilisées pour extraire les ressources sont d’importantes sources de gaz à effet de serre (GES).

Fabrication/Production/Transformation

Les ressources naturelles sont ensuite transformées en produits consommables.

Tout processus de transformation implique l’utilisation d’énergie (électricité, carburant, etc.), de ressources matérielles et humaines. La majorité de l’énergie utilisée dans la production de produits génère des GES [3]. En effet, l’industrie de la production (incluant les industries manufacturières, la construction et les procédés industriels et agricoles) est la première source de GES au Canada. [4]

Distribution

Les produits terminés sont emballés et distribués. Cette distribution peut se faire par voie terrestre (train, camion), aérienne ou maritime. Les moyens de transport représentent aujourd’hui la 2e plus grande source d’émission de CO2 au Canada.[5]

L’empreinte carbone, qui permet de mesurer le taux d’émissions des GES, est exprimée en équivalent carbone (ou équivalent CO2 ou eq CO2).[6] Dans le cas d’un trajet, ce taux correspond aux gaz émis lors du trajet en lui-même et à toute l’énergie dépensée pour sa mise en œuvre (l’entretien du véhicule, etc.). Pour 1 km parcouru, l’empreinte carbone d’un avion est en moyenne de 360 g d’eq CO2, contre 150 g d’eqCO2 pour une voiture[7]. On multiplie ensuite ces chiffres par le nombre de kilomètres parcourus pour connaître le taux de GES généré par un trajet.

Empreinte carbone pour un trajet de 836 km (de Québec à New-York) [8] :

Les grands cargos de transport, de par la taille de leurs moteurs et le carburant qu’ils utilisent, polluent à eux seuls autant que les 760 millions d’automobiles de la planète ![9]

Utilisation

Une fois la distribution des produits effectuée dans les différents points d’achats, nous pouvons en faire l’acquisition. C’est à ce moment-là que nous devenons des consommateurs (ou utilisateurs).

Il peut être difficile de se rendre compte du circuit déjà réalisé par les objets au moment où nous les achetons. Les étiquettes ne retracent pas toutes les étapes qui précèdent la consommation.

Déchet/Enfouissement :

Tout objet qui cesse d’être utilisable entame sa fin de vie. Il est mis à la poubelle, collecté, puis enfoui. Ainsi s’achève le cycle de vie traditionnel des objets.

Cette étape a toute son importance car lorsqu’elle est mal réalisée, certains déchets se retrouvent dans nos rues, dans nos égouts, dans nos forêts, dans nos océans… La faune et la flore sont polluées et mises en danger par ces déchets. Un mégot de cigarette, par exemple, pollue à lui seul jusqu’à 500 litres d’eau[10] [11]. Les substances chimiques présentes dans les filtres de cigarette intoxiquent également les plantes. Des déchets plastiques forment aujourd’hui des îles dans nos océans, ou sont retrouvés à l’intérieur des animaux marins.

Les alternatives au cycle traditionnel linéaire

Des alternatives à ce cycle de vie existent. Elles sont plus écoresponsables et plus raisonnables. L’objectif d’un mode de vie et d’une société « zéro déchet » est de diminuer la production de nouveaux objets (et donc l’extraction des ressources naturelles) et l’enfouissement de déchets.
Nous cherchons à rendre le cycle de vie des objets circulaire et de plus en plus court.

Les 3RV-E

Les 3RV-E, c’est un principe de gestion des matières résiduelles qui vise à la réduction de l’extraction des ressources et de la création de déchets. Ce sigle signifie : réduire à la source, réemployer, recycler, valoriser, éliminer.

Dans la vidéo que nous avons réalisée et que nous vous présentons ci-après, nous parlons volontairement des 3RV-E dans l’autre sens, car nous pensons que toutes les étapes qui constituent le 3RV-E conduisent à l’objectif final qu’est le « zéro déchet ». Comme nous allons le voir, le recyclage et le réemploi sont des solutions essentielles pour la réduction des déchets, mais insuffisantes pour une éradication totale des déchets.

Le recyclage :

Certaines matières peuvent être recyclées. Nous avons chez nous des bacs de récupération pour les matières recyclables et des bacs de compostage pour nos résidus alimentaires.
Une fois collectées, ces matières sont à nouveau acheminées vers des usines de transformation et on leur donne une nouvelle forme.[12]

Dans l’est de Montréal  les résidus alimentaires collectés sont accumulés et transformés en compost. C’est un exemple de valorisation : la matière résiduelle devient une autre matière ou énergie utile. Le processus de compostage créé de l’énergie (appelée biogaz) qui pourrait, elle aussi, être exploitée. Ce compost peut ensuite être utilisé dans les plates-bandes, les espaces verts et les remblais.

Cycle du compostage [17] :

 

En recyclant, en compostant, on évite ainsi l’augmentation de déchets destinés à l’enfouissement. Cependant, ce sont des procédés qui ont aussi un coût environnemental et monétaire. Certaines matières ne peuvent pas se recycler à l’infini et faire fonctionner des usines de recyclage demande des ressources énergétiques.

Avantages et inconvénients du recyclage [13] :

Le Réemploi :

Pour pallier à l’abondance de déchets à recycler et désengorger les usines de transformation et les sites d’enfouissement, on peut aussi adopter de nouvelles habitudes de consommation, en faisant par exemple du réemploi.

Dans la catégorie « réemploi », on trouve trois sous-catégories : on peut réutiliser (ce qui implique un entretien de l’objet), partager ou revendre un produit. Réemployer permet de rendre le cycle de vie circulaire et presque infini. Une fois qu’un produit est entré dans le réseau de distribution, il est utilisé à répétition et ne connaît une fin de vie qu’après plusieurs utilisations, voire jamais.[14] Pour être avantageux, le réemploi doit remplacer l’achat de produits neufs et non s’y ajouter.[15]

Si les consommateurs cessent d’acheter un certain type de produit neuf, il cessera d’être produit ! Ce qui nous emmène à notre troisième point : la réduction !

La Réduction :

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Le « zéro déchet », c’est éviter la production de déchet. Mais pour préserver notre écosystème, il est important de réduire aussi l’extraction des ressources naturelles. La réduction, c’est donc un changement dans les habitudes de consommation (je consomme moins et mieux) vers une disparition totale du cycle de vie et la préservation des ressources naturelles. C’est le refus de la surconsommation, le refus d’acheter des objets à usage unique conçus à partir de matières premières non-renouvelables, le refus des tendances. La réduction n’implique pas un retour à l’âge de pierre, mais tend, au contraire, vers l’optimisation parfaite de nos ressources et des technologies de pointe. La conception même des objets doit à son tour devenir plus écoresponsable.

Que font les institutions ?

Les changements dans les habitudes de consommation des citoyens-nes vont de pair avec les décisions des gouvernements, des industries et des commerces. Chacun doit contribuer. Nous, citoyens-nes, ne sommes pas les uniques responsables de la crise écologique actuelle.
Au-dessus de nous, il y a des institutions, des industries, des politiques, des aspects financiers… qui influencent nos choix et n’orientent pas les politiques vers des solutions salutaires et écoresponsables. Ces influences sont multiples : l’obsolescence, la sollicitation publicitaire, le fait que la réduction de la consommation soit considérée comme dommageable à l’économie, etc.[16]
Ce phénomène peut sembler trop puissant et générer un sentiment d’anxiété écologique très fort. Ne perdons pas de vue que nous avons dans nos mains le pouvoir d’agir pour nous-mêmes et de faire pression sur ces institutions.

Nous pouvons mobiliser nos forces et, collectivement, réclamer le changement, l’insuffler.

Il existe des initiatives citoyennes et des moyens de pression auxquels nous pouvons joindre nos forces. Chaque voix à son importance…

 

 

Mobilisons-nous !

 

 

RESSOURCES:

Se mobiliser, agir, s’informer :

Pétition « Demandez aux grands pollueurs plastiques de faire leur part ! » : https://www.greenpeace.org/canada/fr/agir/liberons-nous-du-plastique/

Semaine québécoise de réduction des déchets : https://sqrd.org/

Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets : http://www.fcqged.org/principes-du-front-commun-2/

Opération « verre vert » : https://www.facebook.com/operationverrevert/

Centre québécois du droit de l’environnement : https://www.cqde.org/fr/

Pro consigne Québec : http://www.pro-consigne.org

Mieux comprendre

Les acteurs de l’économie circulaire : https://www.quebeccirculaire.org/static/acteurs-de-l-economie-circulaire.html

Assises québécoises de l’économie circulaire : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/entreprises-organismes/mieux-gerer/economie-circulaire/assises

La réduction à la source : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-reduction.pdf

Les différents types de GES : http://www.environnement.gouv.qc.ca/air/questce-ges.htm

Combien d’arbres planter pour compenser mon empreinte carbone ?

Calculateur de compensation carbone : https://calculcarbone.org/

Quatre organismes qui offrent la possibilité de calculer et de compenser ses émissions de GES :

Carbone boréal : http://carboneboreal.uqac.ca/accueil/

Compensation CO2 Québec : http://www.compensationco2.ca/compensation-ges/

Planetair : https://planetair.ca/fr/index.sn

Less : https://www.less.ca/en-ca/flights.cfm?auid=ac

Articles de loi et actions concrètes en faveur de la préservation de l’environnement :

La Tasse : https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/gravel-le-matin/segments/entrevue/101404/cafe-tasse-reutilisable-environnement

Ottawa veut interdire les articles en plastique à usage unique d’ici 2021 : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1178164/gouvernement-federal-interdiction-plastique-usage-unique-2021

Charte sur les plastiques dans les océans : https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/gestion-reduction-dechets/engagements-internationaux/charte-plastiques-ocean.html

La Ville de Montréal songe à interdire les « publisacs » : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1138585/circulaires-tc-transcontinental-journaux-hebdomadaires

La Ville de Montréal signe le One Planet Charter : http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7237,142307297&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=21147&ret=/pls/portal/url/page/enviro_fr/rep_utilitaires/rep_actualites/actualites

Pour l’interdiction des plastiques jetables en UE d’ici 2021 : http://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20181018IPR16524/les-deputes-pour-l-interdiction-des-plastiques-jetables-dans-l-ue-d-ici-2021

Pour une nouvelle économie des plastiques : https://www.ellenmacarthurfoundation.org/assets/downloads/publications/NPEC-Hybrid_French_22-11-17_Digital.pdf

Stratégie qui vise l’atteinte de zéro déchet de plastique, par le Conseil canadien des ministres de l’Environnement : https://www.ccme.ca/files/Resources/fr_waste/fr_plastics/STRAT%C3%89GIE%20VISANT%20L%E2%80%99ATTEINTE%20DE%20Z%C3%89RO%20D%C3%89CHET%20DE%20PLASTIQUE.pdf

Politique québécoise de gestion des matières résiduelles : http://www.environnement.gouv.qc.ca/matieres/pgmr/

RÉFÉRENCES

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Natural_resource

[2] https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-reduction.pdf

[3] Plus d’informations sur les gaz à effet de serre : http://www.environnement.gouv.qc.ca/air/questce-ges.htm

[4] Rapport d’inventaire national 1990–2016 : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada : https://www.canada.ca/content/dam/eccc/documents/pdf/climate-change/emissions-inventories-reporting/nir-executive-summary/Rapport%20Inventaire%20National%20Sommaire%202018.pdf

[5] Rapport d’inventaire national 1990–2016 : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada : https://www.canada.ca/content/dam/eccc/documents/pdf/climate-change/emissions-inventories-reporting/nir-executive-summary/Rapport%20Inventaire%20National%20Sommaire%202018.pdf

[6] https://www.connaissancedesenergies.org/gaz-effet-de-serre-quest-ce-que-l-equivalent-co2-170807

[7] https://consommerresponsable.com/empreinte-carbone-mode-de-transport-plus-polluant/

[8] https://www.lesoleil.com/chroniques/jean-francois-cliche/auto-vs-avion-qui-pollue-le-plus-5542a185f5c856b906a8bbf449e86a1d

[9] Article de The Guardian, paru le 9 avril 2009 : https://www.theguardian.com/environment/2009/apr/09/shipping-pollution

[10] https://www.lapresse.ca/actualites/enquetes/201907/19/01-5234533-montreal-un-cendrier-a-ciel-ouvert.php

[11] https://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=9257,143268754&_dad=portal&_schema=PORTAL

[12] Que deviennent les matières récupérées ? : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/citoyens/mieux-recuperer/que-deviennent-les-matieres-recuperees

[13] Acheter recyclé : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/citoyens/mieux-consommer/acheter-recycle

[14] Article de l’Éco-quartier MHM : http://ecomhm.com/news/leconomie-de-seconde-main-canada-milliards-de-biens-detournes-de-lenfouissement-annee/

[15] Le réemploi des matières résiduelles : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-reemploi.pdf

[16] La réduction à la source : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-reduction.pdf

[17] Guide zéro-déchet : http://vertsluisants.fr/index.php?article1/zero-dechet

#RéduirePourMieuxVivre: Les téléphones intelligents

Êtes-vous à la recherche de façons faciles et gratuites de faire votre part pour l’environnement? Souvent sous-estimées, la réduction et la réutilisation de nos biens ont un impact environnemental positif gigantesque!

Au fil des prochaines semaines, nous aborderons les 2 premiers R des 3RV (Réduire, Réutiliser, Recycler et Valoriser) en vous présentant des enjeux environnementaux de taille! Trucs et astuces seront de la partie pour que vous vous lanciez sans crainte dans votre virage vert. Retrouvez-nous sur notre site Web ainsi que sur Facebook avec le mot-clic  #ReduirePourMieuxVivre.

Les téléphones intelligents (ou pas tant que ça finalement?)

Ne mentez pas! Il se trouve tout près de vous, n’est-ce pas? Votre téléphone intelligent vous suit de plus près que votre ombre? Vous n’êtes pas seul dans cette situation, nous sommes tous devenus dépendants de cet objet qui fait maintenant partie intégrante de notre quotidien. Dans les dix dernières années, les téléphones intelligents ont envahi les marchés à travers le monde : on en a produit plus de 7 milliards! Aujourd’hui, dans certains pays comme l’Allemagne, les États-Unis et la Corée du Sud c’est plus de 90% de la population des jeunes âgés de 18 à 35 ans qui possède un téléphone intelligent[1]. Vous êtes-vous déjà interrogé sur le rythme auquel vous changez de téléphone? En moyenne, les gens gardent leur cellulaire environ deux ans avant de l’échanger pour un modèle plus neuf. C’est cette popularité croissante jumelée à un rythme de remplacement effréné qui donne naissance à des enjeux environnementaux significatifs.

SOURCE : http://www.ledevoir.com/societe/environnement/507756/le-telephone-intelligent-un-appareil-devenu-un-imposant-probleme-environnemental

Le cycle de vie de votre téléphone

Alors que nous savons tous comment demander la température qu’il fait dehors à Siri, nous sommes moins nombreux à connaître les impacts écologiques provoqués par le marché des téléphones intelligents.  Et pourtant, au cours de leur cycle de vie, ils voyagent d’un bout à l’autre du globe utilisant de grandes quantités de ressources.

Sa fabrication : comment se constitue votre téléphone?

La fabrication du téléphone intelligent, incluant les étapes de l’extraction des minerais, de la production ou de l’assemblage en usine, est responsable des trois quarts des impacts environnementaux. Ceci est causé, entre autres, par l’ajout de composants électroniques sophistiqués aux téléphones, comme les microprocesseurs[2]. Plus les téléphones intelligents deviennent performants, et multifonctionnels, plus leur production est gourmande en matériaux rares et en énergie. La taille de l’écran tactile et la haute définition de l’appareil photo des téléphones constituent donc des ajouts technologiques qui ont des répercussions environnementales importantes.

1. L’extraction des minerais : triste réalité

Les téléphones intelligents sont constitués de plus de 70 matériaux différents dont une cinquantaine de métaux[3]. Ces matériaux prisés par les fabricants sont des ressources difficiles à extraire en plus d’être limitées et non-renouvelables. Certains minerais nécessaires à la constitution des alliages complexes qui se retrouvent dans nos cellulaires sont extraits très difficilement. Quatre d’entre eux dont l’étain, le tantale, le tungstène et l’or sont même surnommés les minerais de sang. Cette appellation macabre est due au fait que leur extraction est dangereuse et réalisée de façon non réglementée en plus de faire perdurer des conflits armés comme en République démocratique du Congo[4].

Source : http://www.france24.com/fr/20170217-trump-projette-suspendre-loi-controle-minerais-guerre-congo-etats-unis

Par ailleurs, en plus de contribuer à la précarité des conditions de travail des mineurs, l’extraction de ces minerais cause la destruction de l’écosystème adjacent et la pollution des eaux. Il faut savoir que toutes les nouvelles technologies, des panneaux solaires à la voiture électriques en passant par les téléphones intelligents, nécessitent ces métaux rares dont les quantités sont limitées. C’est pourquoi leur gestion en fin de vie et leur recyclage sont très importants.

Source : http://www.mediacongo.net/article-actualite-23815.html

De plus, les conditions de travail des employés qui assemblent les appareils sont exécrables. Un documentaire très intéressant sur le sujet a été réalisé par CASH Investigation.

2. Les Émissions de Gaz à effet de serre (GES)

La fabrication des téléphones intelligents émet une très grande quantité  de gaz à effet de serre (GES). La confection des cellulaires rejette plus de CO2 que leur transport. Par exemple, pour un Galaxy S6, 53% des émissions sont rejetées lors de la fabrication des composants et 7% lors de l’assemblage. Il s’agit ainsi de 60% des émissions de GES qui sont produites lors de la confection de ce téléphone intelligent[5]!

Le Transport : Le chemin parcouru par votre téléphone

Avant d’arriver dans le Apple store près de chez vous, votre téléphone intelligent a parcouru plusieurs kilomètres à travers le globe! La carte ici-bas illustre le chemin potentiel parcouru par un iPhone.

Source : https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/smartphone

De manière générale, les téléphones intelligents sont conçus aux États-Unis, assemblés en Chine avec des matériaux provenant d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Australie pour ensuite être revendus partout dans le monde, mais principalement en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. Lors de tous ces va-et-vient, une grande quantité d’énergie est consommée et beaucoup de GES sont émis. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le transport des téléphones intelligents n’est responsable que de 24% du total de leurs émissions de CO2[6]. Le transport se situe donc au deuxième rang des étapes les plus émettrices de GES après la fabrication.

Lorsqu’on l’utilise …

En soi, l’utilisation des téléphones intelligents ne constitue pas une étape très polluante de son cycle de vie. Bien que le chargement des appareils est une utilisation d’énergie, celle-ci ne représente que 16% des émissions de GES produites lors de leur vie. Tout dépendant de son pays d’utilisation, le chargement d’un téléphone sera plus ou moins polluant, ce qui s’explique par le type de production énergétique utilisé[7]. Ainsi, le Québec utilisant l’hydro-électricité, l’émission de CO2 produite lors du chargement d’un cellulaire sera moindre que celle d’un consommateur résidant dans un pays ou le charbon et la principale source d’électricité.

Source : http://www.kap-numerique.com/chiffres-numerique-canada-2017/

1. Le remplacement effréné : Au suivant!

Le réel enjeu lié à l’utilisation de ces appareils est dû à leur remplacement effréné. Posez-vous la question : à quelle fréquence est-ce que je change mon téléphone intelligent? Si votre réponse est supérieure à deux ans, vous pouvez vous féliciter! En effet, l’Américain moyen utilise son téléphone pendant environ deux ans avant de le remplacer, peu importe s’il fonctionne ou pas[8]. On parle alors d’obsolescence. Il en existe deux types : l’obsolescence absolue et l’obsolescence relative. La première s’apparente à un appareil qui ne fonctionne plus alors que la deuxième réfère à la perception que l’utilisateur a de son téléphone. Ainsi, dans le deuxième cas, un téléphone intelligent peut devenir obsolète pour son usager alors qu’il est encore bon. Selon une étude menée en France en 2017, c’est le cas de 88% des utilisateurs de téléphones intelligents où 44% ont remplacé leur téléphone parce qu’il ne fonctionnait plus très bien et 44% l’on remplacé malgré le fait qu’il était en très bon état. Seulement 12% des cellulaires ont été remplacés parce qu’ils étaient hors service[9]. Ce roulement incessant est, entre autres, causé par les effets de mode, les publicités, les offres de promotion[10] ainsi que les nouvelles fonctions rajoutées aux appareils. Les grandes entreprises qui se spécialisent dans la distribution de téléphones intelligents mettent beaucoup d’efforts pour convaincre les gens qu’ils ont besoin du nouveau modèle. Cependant, c’est la demande de nouveaux appareils qui fait en sorte que l’exploitation minière polluante prend toujours plus d’envergure. Il faut donc être conscient de l’impact que l’achat d’un nouveau téléphone engendre sur l’environnement.

Fin de vie : Ce qui arrive lorsque l’on jette notre appareil

La naissance et la mort d’un téléphone intelligent sont les étapes de son cycle de vie qui sont les plus polluantes. Ironiquement, on constate que ces mêmes alliages complexes utilisés dans la fabrication des téléphones et qui demandent beaucoup d’énergie à extraire sont aussi très difficiles à recycler ou à réutiliser. Ainsi, la courte durée de vie des appareils et la grande difficulté de s’en débarrasser de manière responsable font en sorte que cette industrie engendre beaucoup de déchets[11].

*Steve Cutts est un illustrateur qui expose avec cynisme la société de consommation de masse et ses répercussions. Allez jeter un coup d’œil à son blogue!

1. Obsolescence programmée ou condamnation prématurée

L’obsolescence programmée peut se définir comme les techniques mises en place par les industriels afin de réduire volontairement la durée de vie des appareils dans le but d’augmenter leurs ventes[12]. Elle se traduit concrètement par des procédés qui rendent difficile, voire impossible la réparation d’un téléphone. Ainsi, les batteries sont souvent soudées ou collées, les vis utilisées sont généralement rares et les outils permettant de les retirer sont laborieux à trouver sur le marché. Aussi, l’absence de manuel de réparation décourage l’utilisateur de tenter de restaurer son appareil lui-même[13]. L’obsolescence numérique est aussi fréquemment utilisée par les entreprises. Cette dernière rend les applications et les systèmes d’exploitation prématurément incompatibles, encourageant par le fait même les utilisateurs à renouveler leur modèle de téléphone. Ces techniques contribuent ainsi à la création d’un grand nombre de déchets.

2. Déportement des déchets électroniques : de nos décharges à leur cour arrière

Le déportement des appareils électroniques dans les pays en émergence constitue un enjeu environnemental de taille. En effet, comme il l’est exposé avec clarté dans le documentaire «La Tragédie électronique», la complexité des composants des téléphones intelligents rend leur recyclage compliqué et couteux et il est donc plus avantageux de s’en débarrasser en les exportant vers des pays en émergence comme le Ghana ou la Chine. Une fois là-bas,  les déchets électroniques ne sont soumis à aucune restriction et se retrouvent souvent dans les dépotoirs locaux où les habitants décortiquent les appareils de façons afin d’en retirer les matériaux précieux qui peuvent avoir une valeur de revente.

Source : http://www.lamauvaiseherbe.net/2011/06/10/de-la-technologie-comme-source-majeure-de-pollution-planetaire/

Et les alternatives?

Trucs et astuces

Tout d’abord, il est important d’essayer de réduire la production en amont, en réduisant la demande des consommateurs. Pour ce faire, il faut :

  • Accepter d’avoir un téléphone un peu démodé;
  • Acheter un appareil le plus durable possible;
  • Prendre soin de son appareil;
  • Faire réparer son téléphone plutôt que l’échanger.[14]

En suivant ces quatre astuces, la durée de vie de votre cellulaire risque fortement de s’allonger, la quantité de déchets produits par cette industrie sera partiellement réduite et la demande en métaux rares diminuée.

Il existe aussi différents organismes qui se sont donné la mission de réduire les impacts environnementaux causés par les téléphones intelligents, et ce, de plusieurs manières :

Insertech est une entreprise québécoise qui vous permet de donner, de réparer et d’acheter des appareils qui sont issus du réemploi. En plus d’être une entreprise d’insertion et d’économie sociale, cet organisme permet de réduire l’achat de nouveaux appareils tout en réduisant le nombre de ceux qui sont jetés.

  • Recycell 

Recycell est une autre entreprise québécoise que l’on gagne à découvrir! Cette compagnie achète, recycle et revend des cellulaires usagés. Par ce service, l’entreprise contribue au réemploi des appareils tout en permettant aux consommateurs-trices de réaliser des achats plus écologiques et à plus petits prix.

Il existe aussi des ateliers de réparation offerts par différents organismes. C’est le cas du Repair Café  qui offre des ateliers communautaires permettant aux participants de réparer leurs objets, aussi divers soient-ils.

Autres alternatives…

Il existe actuellement une poignée de compagnies qui se spécialisent dans la création de téléphones intelligents durables. C’est le cas de l’entreprise néerlandaise FairPhone qui a conceptualisé un téléphone équitable et responsable. Il s’agit d’un téléphone intelligent comme les autres sauf qu’il est facilement démontable, réparable et qu’il ne contribue pas à la destruction d’écosystèmes.

 

Vous comprenez dorénavant mieux les impacts causés par l’industrie des téléphones intelligents. Nous sommes également tous conscients du fait que nos modes de vie nécessitent parfois l’utilisation d’un téléphone intelligent performant. C’est pourquoi il est d’autant plus important faire des choix éclairés afin de le garder le plus longtemps possible. Ne faites pas l’autruche et prenez part au changement! Il faut #RéduirePourMieuxVivre!

 

Bibliographie

[1] http://www.greenpeace.org/usa/wp-content/uploads/2017/03/FINAL-10YearsSmartphones-Report-Design-230217-Digital.pdf

[2] http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf

[3] Id.

[4] Id.

[5] https://www.greenit.fr/2016/12/20/smartphone-60-de-limpact-lors-de-fabrication/

[6] Id.

[7]Id.

[8] http://www.greenpeace.org/usa/wp-content/uploads/2017/03/FINAL-10YearsSmartphones-Report-Design-230217-Digital.pdf

[9] http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/coop-201706_rapport.pdf

[10] http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf

[11] http://www.greenpeace.org/usa/wp-content/uploads/2017/03/FINAL-10YearsSmartphones-Report-Design-230217-Digital.pdf

[12] https://www.alternatives-economiques.fr/stop-a-lobsolescence-programmee/00077483

[13] https://www.greenit.fr/2017/06/27/apple-samsung-microsoft-leaders-de-lobsolescence-programmee/

[14]  http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf