Il n’est pas rare de faire réparer ses objets personnels qui ont une valeur élevée, comme des ordinateurs portables ou des électroménagers. En revanche, l’idée de réparer des commodités comme des sacs à dos, des souliers ou des vêtements est de moins en moins populaire. Évidemment, le prix d’achat de ces biens est souvent abordable, ce qui encourage la consommation avant la réparation. La preuve étant que selon une étude de Recyc-Québec[1], chaque Québécois et Québécoise jette en moyenne 9 kilogrammes de textile par année, générant un total de 67 000 tonnes de déchets textiles au Québec par an.

Le coût environnemental à cette consommation ne peut plus être ignoré. En effet, l’industrie du textile est reconnue comme étant la deuxième plus polluante, après celle du pétrole. Cela n’est pas étonnant lorsqu’on pense à toutes les étapes nécessaires pour produire des vêtements. Il y a d’abord la production de matières premières, lesquelles sont très variées. Prenons par exemple le coton. Pour obtenir le matériau final, les agriculteur-e-s utilisent de grandes quantités d’eau, de pesticides et de fertilisants. Puis, le nettoyage et l’extrusion de la fibre requièrent des huiles pour rendre le matériau plus résistant. La fibre est ensuite transformée en fils à tisser et préparée pour la coloration ou l’impression de motifs. Il devient alors possible de fabriquer des tissus qui seront transformés en vêtements, en sacs ou autres, pour être emballés et livrés en grandes quantités.

Au bout de cette chaîne, une paire de jeans en coton aura nécessité l’utilisation de 11 000 litres d’eau, d’un kilogramme de coton et d’une quantité impressionnante de produits chimiques.[2] Arrive alors la question : quand la fermeture éclair de ma nouvelle paire de jeans brise, est-ce vraiment moins cher d’en acheter une nouvelle paire plutôt que de faire réparer l’ancienne?

Comme consommateur et consommatrice, il est possible de faire des choix éclairés pour ne pas encourager l’industrie du textile sous sa forme actuelle. Premièrement, il est pertinent d’opter pour les tissus biologiques dont la production n’est pas aussi polluante. Il faut également se donner le défi d’acheter moins de vêtements, mais de plus grande qualité afin qu’ils durent plus longtemps. Finalement, achetez des morceaux qui ne seront pas démodés dans 3 mois et n’achetez pas la première fois que vous essayez un habit. Laissez-vous plutôt le temps de réfléchir et voir l’utilité du vêtement dans votre vie.

Si vous n’avez jamais réparé vos chemises, chandails, jeans, pantalons chics ou autres, venez faire un tour au Réparothon du 27 octobre organisé par l’Éco-quartier Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Il y aura des bénévoles sur place pour vous aider à réparer vos habits. Qui sait, peut-être aurez-vous la piqûre pour la couture!

 

[1] https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/Fiche-info-textile.pdf

[2] Pour en connaître davantage sur l’histoire du jeans: http://mue-magazine.fr/actualites-mode-ethique/fabrication-dun-jean