Le printemps rime avec grand nettoyage  Mais pourquoi ? Chaque année, la fonte des neiges dévoile les déchets qui se sont accumulés durant tout l’hiver. Jetés directement au sol ou transportés par le vent et les tempêtes, ceux-ci sont des traces indéniables de l’activité humaine. Avec l’arrivée des beaux jours s’impose donc le nettoyage de notre environnement urbain. D’autant plus que ces détritus ont un impact important sur l’environnement. 

La problématique des déchets sur la planète 

Nos modes de vie et principalement nos moyens de consommation produisent de nombreux déchets qu’il faut par la suite gérer de différentes manières. Certains ne suivent pas les canaux de collecte et finissent dans la naturereprésentant une menace pour notre environnement et donc pour nous. Les détritus et en particulier les contenants de plastique représentent un grand enjeu dans les océans. En effet, de nombreux déchets se retrouvent en mer ou encore sur les rivages, causant des dommages sur la faune et la flore marine. Il existe de nombreux cas de cétacés retrouvés échoués sur des plages l’estomac rempli de déchets humains, et ce, à différents endroits du globe : en Indonésie, sur les côtes méditerranéennes ou encore chez nous au Québec. 

Mais d’où proviennent les détritus retrouvés dans les mers et océans? Les 10 types de déchets retrouvés le plus fréquemment sur les plages dans le monde sont : 

  1. Les mégots de cigarette : le nettoyage international des côtes en 2017, évènement annuel organisé par l’organisation de Ocean Conservancy a permis de récupérer une quantité de mégots de cigarette équivalent à une ligne d’une distance de 5 marathons 
  2. Les emballages alimentaires 
  3. Les bouteilles de boisson en plastique : assez de bouteilles ont été collectées pour remplir 5 piscines standards 
  4. Les bouchons de bouteille en plastique 
  5. Les sacs en plastiques pour les courses 
  6. Autres sacs en plastiques 
  7. Les pailles et agitateurs : lors du nettoyage international de 2017, les citoyens ont récupéré assez de paille pour atteindre la hauteur de 10 000 palmiers 
  8. Les contenants en plastique pour les plats à emporter 
  9. Les couvercles en plastique 
  10. Les contenants en polystyrène/styromousse pour les plats à emporter. 

Qu’il s’agisse de plastique, de mégots, de textiles ou de toutes autres matières, il est important de souligner que nous parlons ici de déchets d’origine humaine. C’est-à-dire, qu‘en tant que société, nous sommes 100% responsable de la situation. Enfin, les études tendent à démontrer que 80% des déchets plastiques trouvés dans les océans sont en fait d’origine continentale. Ils seraient donc produits à l’intérieur des terres et ensuite acheminés par les rivières et les fleuves jusque dans les océans. Les détritus abandonnés sur les rivages et ceux jetés directement dans l’océan composeraient chacun 10% des déchets océaniques. Que nous habitions ou non à proximité des océans, nous avons donc tous un rôle à jouer. Que nous habitions ou non à proximité des océans, nous avons donc tous un rôle à jouer.  

La durée de vie des déchets dans l’environnement 

4 milliards de tonnes, c’est le nombre de déchets produits dans le monde par année, rien que ça5! Et tenez-vous bien ; selon un rapport de 2018 de la Commission de l’écofiscalité du Canada, les Canadiens seraient les plus gros producteurs de déchets par habitants au monde selon des chiffres de 2014! La population canadienne, représentant seulement 0,5% de la population mondiale produirait 2% du volume des déchets au niveau mondial. On estime qu’un Canadien produit 400 kg de déchets annuellement. 

La dégradation des déchets humains dans l’environnement peut prendre un certain temps.  Voici un exemple du temps que certains objets peuvent prendre pour se dégrader dans l’environnement.

Ces détritus, outre le fait qu’ils polluent visuellement l’espace, polluent également l’environnement. En effet, les déchets se retrouvant sur le sol peuvent contenir des substances dangereuses ou nocives qui vont polluer les sols, l’eau et, finalement contaminer les êtres vivants, autant les plantes et animaux que les humains. (Pour plus d’information sur la durée de vie des déchets dans la nature, cliquez ici) 

Le plastique est un des déchets que l’on retrouve le plus, mais il n’est pas le seul. Les mégots de cigarette représentent 30% des déchets dans l’environnement. Le problème avec les mégots c’est qu’ils contiennent plus de 2500 substances chimiques qui se répendent ensuite dans l’environnementUn mégot peut, à lui seul, polluer 500 litres d’eau, soit l’équivalent de 3 baignoires.  

Des solutions à la problématique des déchets humains à petite et grande échelle 

Pour pallier la problématique des déchets et selon la logique des 3RV (Réduire, Réemployer, Recycler, Valoriser), le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Ainsi, de multiples solutions existent répondant à cette logique. Faisons le tour des mesures qui peuvent être prises à petite et grande échelle. 

Il est possible pour les gouvernements, qu’ils soient municipaux, provinciaux ou fédéraux, de mettre en place des lois qui permettront de réduire les déchets que l’on retrouve dans l’environnement. Les villes des New York, San Francisco et Seattle se sont attaquées aux contenants, pailles ou couverts à usage unique faits de plastique ou polystyrène. L’Europe, quant à elle, bannira les produits en plastique à usage unique grâce à une loi qui sera mise en application en 2021. Plus près de chez nous, Montréal a entamé le bannissement des sacs en plastique à usage unique en 2018 et interdit les bouteilles de plastique ses bâtiments municipauxDe plus, des citoyens de Verdun ont lancé une campagne Verdun Sans Déchet pour que leur arrondissement soit le premier à bannir les bouteilles d’eau en plastique.  

En tant que citoyen-ne, que pouvons-nous faire? 

À plus petite échelle, chaque citoyen-ne peut agir quotidiennement pour lutter contre les déchets 

Des solutions innovantes existent pour nettoyer les océans des déchets humains ou encore des techniques de recyclage de déchets comme par exemple les mégots de cigarette qui sont recyclés en mobilier d’intérieur ou en plaques utilisées dans la constructionIl n’en demeure pas moins que la meilleure solution est de réduire à la source puisque « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». Voici donc quelques pistes de solutions :  

  1. Jeter les mégots de cigarette aux endroits prévus à cet effet ou dans un cendrier de poche. Rappelez-vous que les mégots sont le déchet le plus fréquemment trouvé sur les plages. À Montréal, 820 cendriers urbains permettent de les recycler.  
  2. Privilégier l’achat de produits alimentaires le moins emballés possible. Viser une démarche Zéro déchet. 
  3. Utiliser une gourde réutilisable plutôt que des bouteilles d’eau jetable. 
  4. Employer des sacs réutilisables pour faire les courses 
  5. Refuser les pailles ou agitateurs à usage uniqueVous pouvez avoir votre propre paille réutilisable. 
  6. Apporter votre tasse réutilisable et refuser les couvercles à usage unique. Plusieurs cafés participent maintenant à La Vague, un système de consigne qui permet de prendre une tasse réutilisable dans un café et de la rapporter dans n’importe quel café participant 
  7. Demander à ce que vos plats à emporter soit mis dans vos propres contenants réutilisables. 

Vous l’aurez compris, la solution à la problématique des déchets humains est multiple et se base surtout sur la coopération de tout le monde et à tous les niveaux : individuel, local (dans le quartier), municipal, national et international. Une action conviviale qui peut être faite au niveau local est la participation à une corvée de nettoyage. Plus on est de fous, plus on ramasse de déchets!